Entrevue
Rencontre avec Michel Grégoire,
Développeur et partenaire technologique de Mitchell
Talent de chez nous
Il est toujours agréable de rencontrer des créateurs québécois. Michel Grégoire, président de DMI Bureautique, en est un. Les années 80 ont coïncidé avec l’avènement de l’informatique, d’abord dans nos bureaux, puis dans nos maisons. Michel Grégoire a su prendre le train en marche au bon moment. Plus encore, il l’a mené là où il voulait. |
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Un innovateur et un homme d’affaires
M. Jean-Guy Grégoire a créé la compagnie Dactylographe Métropole inc. en 1971. C’était l’époque des dictaphones, des dactylos, des télécopieurs et des notes éparses sur les bureaux. En 1982, Michel Grégoire s’intègre à la compagnie de son père après l’obtention d’un diplôme en robotique. Au départ, Michel ne devait être qu’une aide provisoire pour la compagnie. Ses idées ont toutefois prospéré au sein de Dactylographe Métropole, laquelle prit le virage technologique.
Son association avec l’entreprise américaine de logiciels Mitchell a été un point tournant pour DMI Bureautique et son président. Et c’est d’une main de maître que Michel Grégoire a mené « l’affaire de la traduction ». Il a discuté, réfléchi, innové et … réussi !
Sur le territoire du Québec, DMI Bureautique est un concessionnaire Mitchell depuis octobre 1998. L’entreprise est chargée de la vente et du service pour les produits touchant le monde de la carrosserie d’automobile. À ce titre, elle est responsable de l’installation, de la formation et du support technique en ce qui a trait au produit appelé UltraMate.
Qu’est-ce qu’UltraMate ? Il s’agit d’un logiciel d’estimation destiné aux carrossiers. On y retrouve, entre autres, une liste détaillée et impressionnante des pièces automobiles permettant de réaliser une estimation précise des coûts de réparation.
Les démarches
Le logiciel UltraMate est intégré aux ordinateurs de nos carrossiers depuis déjà plusieurs années. Pourtant, il n’y avait toutefois pas beaucoup de ventes réalisées au Québec, et ce, malgré l’excellence du produit. Pourquoi ? il avait une grande lacune : Il n’était principalement proposé qu’en anglais.
Lorsque Monsieur Grégoire prit en charge les ventes québécoises du logiciel, il se buta à un mur. Les carrossiers, comme les assurances, étaient réfractaires à son utilisation.
« Au Québec, ça ne serait pas politiquement correct de demander à des employés d’utiliser un produit qui n’est pas en français. Je sentais que ce n’était pas possible d’avoir l’appui du marché si ce pas-là, la francisation, n’était pas fait. Si on veut vendre au Québec, ça prend des produits en français. (…) La crédibilité de Mitchell n’était pas mise en doute. Mais c’était décevant pour le marché québécois de voir la compagnie Mitchell offrir des produits seulement anglophones », raconte-t-il.
Finalement, Michel Grégoire a eu besoin de deux ans pour finaliser ce projet de francisation : un an de discussion avec Mitchell lui a été nécessaire avant la signature du contrat; un an de plus a été alloué à la réalisation complète de la traduction.
Le Hic
La chaîne de contrôle de qualité interne de Mitchell est certes très efficace mais onéreuse. Mitchell doit investir des sommes énormes à chaque changement de version. Il était donc impossible pour la compagnie d’effectuer la traduction du logiciel à un moindre coût.
Si Mitchell avait la volonté, il lui manquait l’expertise. Alors, comment faire pour adapter le produit aux exigences des clients québécois sans affecter la qualité et sans débourser des sommes astronomiques ? « Nous avons développé une technologie de traduction qui permet de ne pas perdre les résultats des contrôles de qualité passés. Nous devions prouver l’efficacité de notre système de traduction. » Cela fait, le tour était joué.
Le mécanisme
Michel Grégoire le décrit ainsi : « Mitchell se concentre à faire le produit, à le vérifier, à le ‘déboguer’ et à y apporter toutes les modifications nécessaires à son bon fonctionnement. La compagnie nous envoie ses sources (NDLR : le produit avant finition) en anglais, nous les soumettons à notre technologie de traduction et le tout retourne à Mitchell en français.
Et il ajoute du coup : « Étant support technique, étant concessionnaire et en même temps développeur de la version française, nous assumons tous les problèmes. Nous sommes responsables de la boucle au complet. Pour Mitchell, tout était une question de calcul du risque. »
La compétition
Il existe un autre logiciel, du même type, pour les carrossiers québécois. Cela dit, Michel Grégoire est convaincu qu’il y a de la place pour UltraMate. D’ailleurs, le produit est déjà utilisé par plusieurs grandes compagnies d’assurances ainsi que par plus de cent ateliers de carrosserie au Québec.
Fait cocasse, Michel Grégoire n’était nullement destiné à devenir un novateur de l’industrie informatique. Et voyez comment il a relevé ce défi et l’a gagné !
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